ILONI : Le blog de Sev et François

... encore un, toujours un.

Bongani n'a pas vraiment touché Mayotte, elle s'est dispersée avant. On a eu quelques pluies et quelques rafales de vent, rien de plus.
Aujourd'hui, c'est l'Ide-el-khébir, la fête du mouton. Hier, un kwassa-kwassa partant d'Anjouan a encore fait naufrage au large des côtes mahoraises. A son bord, plus de quarante personnes, et seulement 11 d'entre-eux ont eu la chance de s'en sortir. Pas de nouvelle des autres, considérés comme disparus.
Les rescapés (dont le passeur) on été conduits à l'hôpital de Mamoudzou.
La barque (qui est normalement prévue pour 6 personnes) n'a pas résisté à la force des vagues et s'est brisée en deux. Ils étaient à la dérive depuis lundi.
Ces personnes misent leur vie, espérant trouver à Mayotte de meilleurs soins, un meilleur travail, de meilleures conditions d'existence. Ce qui est loin d'être le cas quand ils débarquent. Ils doivent vivre le plus souvent cachés, dans la peur de se faire attraper et renvoyer à Anjouan ou en Grande-Comore.
Mais voilà, n'importe qui en ferait autant dans l'espoir de vivre décemment. Car pour entreprendre un tel voyage aussi périlleux, c'est bien qu'il est question de survie, et uniquement de survie.
Il y a toujours eu, et vu l'état actuel du monde, il y aura toujours des clandestins, aux quatre coins de la planète. Tout le monde peut être amené à fuir son pays, un jour ou l'autre, et devenir réfugié ou clandestin. Où est la limite ?
Ce petit bout d'océan indien entre Anjouan et Mayotte n'a pas fini d'être le plus grand cimetière de France.
Ven 27 nov 2009 Aucun commentaire