A la découverte des îles de l'archipel des Comores (1)...
... La Grande-Comore (Ngazidja).
Afin de mieux cerner certains aspects de la vie mahoraise, nous sommes partis en Grande-Comore et à Mohéli, les
îles soeurs de Mayotte.
Direction donc l'archipel des Comores, Mayotte étant l'île la plus vieille et la plus proche de Madagascar; Grande-Comore, la plus jeune et la plus proche du Mozambique.
Notre première étape nous amène à Moroni (capitale de la Grande-Comore) pour deux jours.
Sur la route, très accidentée (elle date de 1975), qui va de l'aéroport à Moroni (compter environ une
demi-heure de trajet), le paysage nous frappe tellement il semble triste et froid. On traverse en fait d'anciennes coulées de lave, et les villages sont pour la plupart
construits à partir de cette roche volcanique noire, omniprésente à cet endroit. Rien à voir pour l'instant avec les forêts luxuriantes de Mohéli ou de Mayotte.
Arrivés à Moroni, nos premières impressions ne changent pas (elles varieront
évidemment par la suite...). La ville est triste et grise. Il y a certes de magnifiques mosquées, de belles maisons,
mais tout respire le déclin d'une ville qui a connu une période faste, et qui n'arrive pas à s'en sortir. Le port
aux boutres n'est plus que l'ombre de lui-même,
l'épave du "Moroni" rappelle à chaque instant le souvenir d'une époque glorieuse et riche,
et les roussettes électrocutées, suspendues aux fils électriques, ne présagent rien de bon.
On s'enfonce dans la médina, accrochée aux ruines des temps anciens,
comme le magnifique palais du sultan Said Ali.
Ce premier jour se termine avec, non pas en coup de coeur, mais plutôt avec un coup au coeur, un sentiment mitigé
de tristesse et d'abandon. On s'attendait à une ville vivante, animée, et riche de cultures, ...
Ici le temps s'est arrêté, la décripitude et la lassitude se sont installées, on vit sur les souvenirs.
Heureusement, du point de vue "humain", c'est tout autre chose. Pendant ce premier jour, nous avons rencontré des Grands-Comoriens aimables, chaleureux, et disponibles, maîtrisant à la
perfection (voire plus) la langue française, et désireux de nous montrer leur Grande-Comore, celle qu'ils vivent quotidiennement. Ca tombe bien, on
est là pour découvrir et pour apprendre.
Cet article résume uniquement notre premier ressenti sur Moroni, et non sur la Grande-Comore. Il peut paraître
très sombre, voire exagéré, mais cette île renferme des trésors et des splendeurs dont la découverte et la jouissance se méritent. Au fil des articles et des rencontres, notre vision
évoluera.
Prochain article :
l'ascension du Karthala, le volcan au cratère le plus grand du monde.
Publié le 22/10/2009 à 15h05 dans Comores