L'heure et l'appel de Mayotte

à Mayotte, il est l'heure d'écouter le muezzin...  

Mayotte traditionnelle


Samedi 20 juin 2009
... pour un spectacle haut en couleurs, en sons, et en émotions.


Voici venu le temps des fêtes (N'Goma) de villages, de danses, et de chants traditionnels. Elles ont lieu en général dans toutes les MJC.
Pour l'occasion, nous sommes allés à la MJC de Tsararano,


assister à un spectacle des plus magnifiques.

                                                                                          Danse des esclaves

A Mayotte, comme dans les autres îles des Comores, et comme dans beaucoup de pays africains, la danse et le chant occupent une place primordiale dans la vie de tous les jours. Les gens, toute génération et tout sexe confondus, chantent et dansent pratiquement tout le temps.
Pas de gêne, c'est naturel, joyeux, vivant, et communicatif !

Chaque chanson dure en  moyenne entre 7 et 15 minutes. Elles sont sous forme de question/réponse.  Une soliste chante un thème,

et le choeur répond en dansant,



accompagné par des musiciens en transe (les tambours sont de sortie, et qu'importe si c'est un tambour de machine à laver, il sonne vraiment bien !). On peut être très vite enivré !

Ce qui est génial dans ces fêtes, c'est que le public participe. Il ne reste pas inactif, il n'assiste pas à un spectacle de l'extérieur. Non, il est dans le spectacle, il intervient, il répond, il agit. 
Tout est dans ce mot, la communion.


Parmi  les danses traditionnelles, nous avons assisté à la danse des esclaves, au Shakasha, au Bomo, 

au M'Biwi,
                                                                                                     M'Biwi

Ces chants et ces danses étaient entrecoupés de petites pièces de théâtre, un vrai bonheur. On avait l'impression d'être sous l'arbre à palabres avec tout le village, en train d'écouter le vieux conteur.... bien avant l'apparition de la télévision.
Pour clore cet article, voici quelques extraits de chansons de la soirée.
Attention, leur écoute prolongée peut provoquer un état de transe... voire de bonne humeur.

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Lundi 22 septembre 2008
... à la découverte de l'artisanat "mahorais".

Ce week-end a eu lieu les journées du patrimoine à Mayotte. J'ai donc envoyé mes deux reportrices de choc en free-lance, Hélène et Sév, à Bambo-ouest, où avait lieu une exposition de l'artisanat " mahorais "(Bon en vrai, elles y sont allées pour leur travail.)
Cyril et moi avions effectivement des obligations tout aussi importantes,  nous empêchant malheureusement de nous rendre là-bas : Juan Magnum, fiévreux et impatient, nous attendait pour une partie de pétanque ! Quel plaisir de jouer aux boules en bord de plage, et de renouer avec des sensations un temps oubliées ! Le bonheur à portée de cochonnet.
Mais ce n'est pas le sujet, alors
La visite débute par la maison, avec la salle de bains ou " bandricho double "(deux vases en ter
re cuite, un d'eau froide, et l'autre d'eau chaude sur un feu, et une pierre plate servant de bac de douche),
vient ensuite le grenier avec en détail le garde-manger,                                                     (sirop, bananes, riz, coco, courge)

puis les ustensiles de cuisine.                              (râpe à coco, louche, passoire, râpe à légumes, verre, tamis, ...)

On poursuit avec l'extérieur de la maison et les différents matériaux de construction de murs: le mur en m'tsévé ou feuilles de coco tressées,
le mur en feuilles de raffia et son balai,
le mur en troncs de raffia,
et le mur en torchis.
Passons maintenant à la décoration intérieure, avec une belle lampe en calebasse ouvragée,
différents tressages de feuilles de coco,
des peintures,                                                                      Détail


et pour finir, les jolies "bouénis ", d'abord en graine de haricot géant (en Grande-Comores, ils font ça sur des galets),

puis en fruit du baobab.
L'artisanat "mahorais" n'est évident pas représenté ici dans sa totalité, c'est juste pour vous donner une idée de ce que l'on peut trouver à Mayotte.
A dimanche prochain donc pour la " belle ".
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Samedi 13 septembre 2008
... que l'on claque sur une table bancale.

Les jeux de société ont encore la vie belle à Mayotte. Comme leur nom l'indique, ce sont des jeux pour jouer en société, pour se réunir, pour communiquer, se socialiser, à l'image du rôle des conteurs de village, ou des vulés.
Alors pendant que les enfants jouent avec des pneus ou des voitures en boîtes de conserve, pendant que les femmes s'échangent les derniers racontars tropicaux, les hommes, eux, jouent aux dominos.

L'après-midi ou en début de soirée, ils se réunissent autour d'une petite table, et commencent alors des joutes endiablées, qui dénotent avec le rythme lent et tranquille de Mayotte.
Le jeu en lui-même dure longtemps, mais la partie file comme les paroles. Le but étant de se débarrasser de ses dominos, le plus rapidement possible, et avec le plus de bruit possible.
Plus le domino claque sur la table, mieux c'est. Et plus les claquements se suivent, plus les hommes arborent une mine sérieuse. Le perdant cède sa place assise au perdant du tour précédent.Tout s'enchaîne très vite, sans accroc. Parfois le cri d'une roussette viendra ponctuer un clac ou deux, mais rien ne perturbera la concentration des joueurs.
Ses réunions servent aussi d'exutoire. On règle les comptes, on palabre sur la vie du village ou de l'île, ou sur la vie en général, et on se dit que cette vie, avec ses joies et ses peines, est comme un domino que l'on claque sur une table un peu bancale : beaucoup de bruits, d'esbroufes, de rires, et de popolopopos, mais au tour suivant, tout recommence. C'est pas grave, c'est comme ça.
Fermez les yeux, écoutez cette partie d'un soir de mai. Vous êtes au village de Kahani, assis sur un petit banc de bois,  après une chaude et longue journée, il fait bon, les dominos sont mélangés. A vous de jouer et de raconter votre histoire !



Les hommes jouent aussi, avec la même rapidité,  à un autre jeu de réflexion, le M'Ra, sorte d'awalé à double plateau (12 cases par joueur !). Pour ceux qui veulent s'essayer à l'awalé simple, j'ai trouvé un site sympa qui propose un jeu en ligne ou à télécharger :
.

J'écris " les hommes", car pour l'instant, je n'ai vu aucune femme jouer à l'un de ces deux jeux.
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Vendredi 11 juillet 2008
... c'est les mois de mariage.

En ce moment, il n'est pas rare de voir dans les rues de Mayotte, des cortèges nuptiaux très colorés et animés.
C'est l'époque des grands mariages.
Pendant que le mari défile, beau comme un prince, protégé du soleil sous de grands parapluies,

et escorté de toute sa famille et ses amis;
la mariée, elle, a droit à un relooking beauté et détente, afin d'être prête pour le grand jour.

Les hommes ouvrent le défilé par des danses et des chants rythmés (il y a un maître de cérémonie), et les femmes ferment la marche en suivant elles-aussi les chants des hommes. En voici un extrait:


Cette danse qui fait cortège
au nouveau marié le septième jour des noces s'appelle le Mlelezi.
La danse des hommes en file indienne, elle, se nomme Shigoma. A la fin, il y a aussi le
M'Biwi des femmes.
Ces réjouissances peuvent durer jusqu'à 3 semaines, beaucoup de fêtes sont au programme.
 La mariée doit posséder sa maison, et sa famille assure le financement de toute la cérémonie.
Mais le plus important reste évidemment la dot de la mariée, prise en charge par sa future belle-famille, en même temps que l'ameublement total de la maison (du petit tabouret à la télé dernier cri), et quelques bijoux en or lourd.

De namne iyo !

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