... à Saint-Denis de la Réunion.
Pas tout à fait une rando, mais presque, tellement on crapahute à la découverte des trésors cachés (souvent de vieilles maisons créoles réhabilitées) de Saint-Denis.
Pendant que les filles font la chasse aux bonnes affaires dans les magasins de la capitale, on en profite avec Bob's et Hugo pour déambuler entre mecs, nonchalamment dans les rues.
On découvre ainsi le nouveau jardin d'état, refait à neuf,
ses multiples jets d'eau,
et son muséum d'histoires naturelles.
Puis on descend l'avenue de Paris bordée de part et d'autre
de belles maisons, comme celle du département de la culture,
et de musées (ici musée Léon Dierx).
Un petit tour à l'office de tourisme,
et à l'hôtel de ville.
Autre aspect de Saint-Denis, tout aussi sympathique et intéressant, ses tags. On trouve évidemment les gouzous de Jace un peu
partout sur l'île, il y en a des centaines, voire plus,
à chacun de les interpréter à sa manière,
certains sont tout simplement magnifiques.
On peut aussi admirer d'autres graphes étonnants,
et même très étonnants.
Voilà pour notre presque dernière journée à la Réunion. On a rejoint les filles au centre ville, le piège s'est refermé sur nous, à la grande joie de Hugo.
On remercie une fois de plus la famille Bosc Acadine pour leur accueil et les excellents moments que l'on a passés ensemble,
Chabadabada chabadabda...
... descendre, plonger, remonter.
Dernière rando de notre séjour à la Réunion, mais il le faut bien pour éliminer tout ce que l'on mange !
Cette fois-ci, direction la plaine des Cafres avec Steve et ses potes pour découvrir l'îlet de Grand Bassin (tout en bas)
et sa somptueuse cascade (là aussi, tout en bas vers la coin gauche, le trait vertical. C'est là que l'on va !).
On entame la glissade, le roulé-boulé, la chute, la descente vers ce paradis,
et là encore, on doit faire attention aux toiles des néphiles,
aux chevilles et genoux qui jouent aux ressort sur des pierres et un sol aléatoires,
et aux éventuelles glissades ou aux fréquents dérapages. Il faut dire que ça descend sec.
Puis on traverse l'îlet de Grand Bassin où l'on trouve de nombreux gîtes pour passer la nuit, on franchit une petite rivière en sautillant gaiement sur les rochers,
on longe quelques crêtes, et on arrive à la cascade et au fameux bassin, Youhou (comme
dirait Mister Bob's Walker) !
Bien-sûr, à coups de "t'y vas ? J'y vais si t'y vas. Alors, t'y vas ", on ne résiste pas à l'envie de se baigner dans cette eau glaciale. Il paraît que c'est bon pour les muscles.
C'est bien de s'amuser et de batifoler, mais après il faut remonter, et là, on va moins rigoler. Vu les "marches" dont on se
gaussait à la descente, certains et certaines (qui ne se sont pas baignées) vont avoir les cuisses et les mollets en feu.
Ah, qu'est-ce que je disais y'a pas deux lignes, ça rame mesdemoiselles, ça rame !
Bon d'accord, je suis le premier à me plaindre. Ça n'en finit pas, il faut toujours lever la jambe et à chaque fois de plus en plus haut. Et puis c'est long, ça glisse, et la brume commence à descendre. Non, sérieux, c'est encore loin ?
Heureusement au bout de deux heures d'un calvaire indescriptible et d'une souffrance inimaginable, me faisant regretter les doux cols de Mafate, je vois enfin la lumière au bout du tunnel. C'est une image bien-sûr.
En tout pour cette rando sportive, on aura crapahuté environ 3H30, mais ça en valait la peine. La montée, malgré mes dires, n'était pas la plus dure du séjour. Celle de 2H du col du Taïbit par Cilaos gagne la palme des montées musclées, celle de 3 Roches à Marla n'était pas mal non plus.
Sur ce bonne nuit, les masseuses nous attendent, parce que "nous le valons bien " (on comprend mieux cette expression maintenant, non ?) !
... et puis s'en va.
On s'était dit : "il faut quand même que l'on aille voir ce Piton de la Fournaise; la dernière fois, on n'a pas pu dépasser la plaine des sables tellement il y avait de la brume ! "
Poussés dehors par Bobby, Hugo, et Annick, nous partons donc, encore tout fatigués de la rando dans Mafate, voir si le volcan veut bien s'effeuiller un peu pour nous.
Bon déjà, arrivé à Saint-Pierre, on se dit que c'est pas gagné. Il y a des nuages, il pleut, et tout est bizarrement
penché.
Passé le Tampon, le soleil joue à cache-cache, un coup je te vois,
un coup je te vois pas et je te remets un peu de brume dans les alpages, juste comme ça pour le plaisir.
Avec un tel brouillard, c'est sûr, on fait attention.
Mais le ciel s'éclaicit, la route se dévoile peu à peu,
et la plaine des sables nous apparait dans toute sa splendeur.
On peut même aller saluer le cratère de Commerson,
et admirer les différents tons de rouge des anciennes coulées.
On se dit c'est bon, on va enfin le voir ce piton de la Fournaise, il ne va pas nous faire le coup deux fois, mais la brume
veille et joue avec nos nerfs, heureusement que les chtis cailloux blancs sont là.
Qu'importe, on est patient et on va attendre sur place. Direction le gîte du volcan, où l'on passe la nuit la plus glaciale de notre séjour, on frôle les 2°C !!! On est congelé dans notre lit, il fait froid, très froid.
Le lendemain, le temps est maussade au pas de Bellecombe, et on se gèle encore plus entre une pluie fine, un vent violent, et une brume très capricieuse.
On attendra beaucoup dans la voiture, on verra un peu le piton entre les nuages,
apercevant même pendant un court laps de temps le "formica léo",
et même le sommet, partiellement dégagé ! Quelle aubaine !
Quant à la rando sur la lave pour aller voir le cratère, on oublie. On l'a bien compris, le volcan ne veut pas de nous, pas cette année en tout cas.
Le volcan la pété mais nou la pas vu.
De Marla au col des Boeufs, avec un léger détour au col du Taïbit.
Roulements de tambour, trompettes et clairons, il est 5h du mat à Marla, le sergent chef Sev nous impose l'ascension du col du Taïbit, histoire de se mettre en jambes et de voir le lever du soleil sur le cirque de Cilaos et de Mafate.
J'avoue être moyennement motivé pour plusieurs raisons :
1- J'ai encore sommeil,
2- Il fait nuit,
3- On est déjà allé au col du Taïbit, mais par l'autre côté, celui de Cilaos,
4- Il fait super froid,
5- C'est un coup à rater le petit déj, et ça, c'est pas possible !
6- Bobby souffre encore de sa blessure au doigt.
J'attends ainsi le soutien de mon compatriote Bobby, mais la solidarité masculine ne fonctionne pas et tous mes arguments s'envolent, ainsi que la couverture qui me tenait au chaud.
On grimpe donc, dans la nuit et le froid, le pied frôlant souvent l'abîme. Au bout d'une bonne heure, on atteint le col
(PLUS VITE, PLUS VITE....).
Le soleil se lève sur Cilaos (au fond on voit Saint Louis et la mer
!),
et sur Mafate (on aperçoit nettement La Nouvelle).
Il est 6H45, on redescend à toute berzingue sur Marla, car le petit déj n'est plus servi après 7H30, et la perspective de
rater ce délicieux moment de la journée ne fait pas sourire Bobby, et ne me met pas en joie non plus.
On mettra une demi-heure pour descendre, presque en courant, mais on arrivera à l'heure pour la tambouille et le café chaud.
Ensuite, c'est le départ pour le col de Boeufs, notre dernière rando dans Mafate. En chemin, on croise les Arums, rebaptisées
"fleurs d'Annick",
on traverse une nouvelle fois la plaine des Tamarins,
givrée à certains endroits,
mais toujours aussi féerique.
A la pause, Sev et Bobby tentent d'apprivoiser un tuit-tuit, ce petit oiseau au milieu de la photo. Tentative presque réussie
car celui-ci nous suivra un bout de temps lors de la dernière montée.
Montée d'une demi-heure, assez raide, qui permet de gagner le col des Boeufs d'où nous étions partis 3 jours plus tôt. On
peut voir le parking (tâche blanche),
et un magnifique panorama sur le cirque de Salazie.
Nous sommes arrivés après 4H30 de marche, en comptant le Taïbit.
Voici le circuit de notre rando de 4 jours dans Mafate :
Une fois de plus nous avons croisé beaucoup de randonneurs de tout âge et de tout type. La Réunion est une île où l'on marche et qui est faite pour marcher. Au risque de se répéter, mais tant pis (la Réunion est en lice à Brasilia pour être classée au patrimoine mondial de l'UNESCO...), les paysages sont à couper le souffle.
En 4 jours, on aura marché plus de 30 kms, avec une moyenne quotidienne de 4H30 et 10 kms avec de gros dénivelés. Rando relativement tranquille donc, mais c'était le but. Ce qui est bien à La Réunion, c'est que chacun peut programmer son parcours, en fonction de son endurance ou de ses envies. Il y en a pour tout le monde et pour tous les goûts, du marcheur pépère qui prend le temps de refaire son lacet en contemplant les fleurs, au randonneur fou qui enchaîne les cols et les sommets en un minimum de temps.
En parlant de sommet, demain le
volcan nous attend, donc bonne nuit et à un de ces jours.
C'est vous qui le dites !