... quand on se prend pour des dauphins ailés.
En ce dimanche matin, le réveil est plutôt brumeux. Ça sent l'orage et les remous, mais ma nouvelle copine, la bouée-perche lumineuse, veille au grain.
Et du grain, il en tombe pas très loin de nous justement.
Photo: Sebmél
Qu'à cela ne tienne, rien ne pourra nous couper l'appétit du petit-déj et notre envie de plonger. On va attendre patiemment que le mauvais temps se lasse de nous voir l'ignorer.
Et comme le temps est une personne impatiente, nous nous retrouvons très vite et très souriants sur la zone de larguage en eaux profondes.
Je réitère ma proposition d'emmener la perche lumineuse, le refus de Jacky est encore plus catégorique et plus cinglant. Du coup je boude dans mon coin, alors que la perfidie, encore une fois, me poignarde sauvagement dans mon amour propre.
Après Seb, c'est Mél qui a gagné le pompon, elle a droit à sa bouée ! (No comment,
mais je fais bien la gueule tout de même.)
Vu la beauté du site, je retrouve vite le sourire,
Photo: Willy
et Bubule s'est fait un nouvel ami, un baliste titan très enjoué.
Photo: An-Mai
On surprend encore un requin nourrice en pleine sieste,
et de belles raies aigles nous offrent un somptueux ballet (oui, Bubule n'est pas un poisson super fidèle, il aime bien les raies aussi !).
Photo: An-Mai
Concernant mes camarades de plongée, c'est une toute autre histoire. An-Mai file de poissons en poissons, une vraie boule de flipper (jeu de mots, à vous de trouver...),
Mél promène sa bouée de surface,
Virginie se sent pousser des ailes et se prend pour un exocet. Ou alors elle imite la raie ? Ou encore alors, elle
veut attraper quelque chose de très très gros ? En tout cas elle plane,
Sev fait de même, mais sur le dos,
Willy attend une bonne lumière pour une bonne photo, ou alors, il est complètement consterné par ce qu'il se passe sur sa droite, et préfère détourner le regard,
Seb se recueille et prie pour qu'on foute la paix aux requins et qu'on arrête de les massacrer,
et Axel promène Bubule en laisse, histoire de calmer sa frénésie amoureuse envers tout ce qui vit sous l'eau.
A croire qu'ils sont tous devenus fous, comme narcosés par le parfait timing de nos quatre plongées, ou par tout ce bleu qui nous entoure.
Il est grand temps de refaire surface, nous ne deviendrons pas des dauphins aujourd'hui.
Photo: An-Mai
Sur le bateau, c'est un autre combat qui se déroule, dont l'adversaire n'est plus l'ivresse des profondeurs, mais un beau wahoo ou thasard, que Jaccky essaye de ramener à bord.
Il va y arriver avec l'aide de Michel, qui nous préparera ce délicieux poisson en carpaccio pour le midi et en filets grillés pour le soir.
Soir du retour d'ailleurs, dernière soirée à bord, où l'ambiance est à son maximum. Le Manga-Bé est d'un coup transformé en piste de danse. Willy et Sev se lâchent.
On a passé un week-end inoubliable à son bord, un vrai moment d'éternité de 2 jours.
La narcose va faire effet jusqu'au lundi matin 6 heures, on en est presque sûr,
et de toute façon on n'est pas encore couché. Seb veut sortir la grand'voile...
Vous trouverez d'autres images de notre escapade dans l'album photo qui lui est dédié. Il y aura aussi des vidéos de Willy et de An-Mai, mais plus tard, quand on aura l'ADSL, ... un jour. :)
... deux jours un tiers d'éternité.
Le banc du Geyser (comprendre le Geyser et la Zélée) ! Tout plongeur digne de ses palmes en rêve. Cinquième île de l'archipel des Comores, dont le volcanisme est à l'origine des 4 autres, le banc du Geyser se situe entre Mayotte et la pointe Nord de Madagascar.
Sur cette carte, on peut voir les 5 îles de la Lune réunies en un magnifique croissant...de lune.
Le Geyser est à 70 nautiques de Mayotte, soit environ 130 km. Des pêcheurs y viennent en barque yamaha tellement les fonds y sont riches en poissons. Mais nous, on a choisi un moyen plus sûr et plus confortable, un catamaran, le Manga-Bé.
Photo: SebMél
La semaine est finie. On est vendredi, il est 17H00, on largue les amarres.
On dit bye-bye Mayotte, on se reverra lundi matin si tout va bien.
L'apéro de début de week-end peut commencer, le lagon est calme, tout le monde a le sourire et pense aux belles plongées que l'on va faire.
Jacky donne les conseils de sécurité : l'homme à la mer, le feu à bord, ... Ça calme un peu notre euphorie, déjà entamée par un léger roulis qui nous soulève l'estomac. Nous ne sommes pas des marins, et notre premier repas à bord sera très léger, et très calme !
Après 10 heures de navigation sans souci, nous arrivons au banc de la Zélée le lendemain matin pour notre première plongée. Le temps est idéal. J'ai bien écouté les consignes de sécurité, et du coup je me suis fait une nouvelle amie, la bouée avec la perche lumineuse. Je m'accroche à elle de jour comme de nuit, hors de question de me perdre en mer !
Mes camarades ont du mal à me convaincre de la lâcher, prétextant que justement, là, on va sauter à l'eau. J'essaye de négocier la perche avec Jacky, le refus est catégorique, la perche reste à bord. Seul Seb aura droit à sa bouée, il y a vraiment du favoritisme dans le milieu marin.
On plonge donc, on quitte le Manga-Bé, pour explorer les fonds de la Zélée.
Photo: An-Mai
C'est parti pour 50 minutes de bonheur,
et une myriade de poissons et autres, comme ce mérou,
photo: An-Mai
cette belle raie aigle,
Photo: An-Mai
ou encore cette grosse et sympathique murène.
Le clou du spectacle sera ce pourquoi on est venu, le requin. On en croise un justement, attiré par le baron d'Axel (invention de Jack Pass, poisson leurre nommé, ici, Bubule), un beau requin pointes blanches du large, que l'on a la chance d'admirer d'assez près.
Photo: An-mai
C'est la première fois (pour Sev et moi) que nous rencontrons des requins en plongée. Le moment est magique ! Aucune peur, aucune crainte, on est hypnotisé par la grâce de cet animal, on se sent attiré, subjugué. C'est beau et on en redemande. Le seigneur des mers porte bien son nom.
Il est temps de refaire surface,
une autre plongée nous attend. En route pour le banc du Geyser, distant de celui de la Zélée de 10 kms.
Sur le chemin, on pêche un peu, histoire d'agrémenter nos repas déjà copieux et hautement gastronomiques. Il faut dire que Michel, notre coq, nous gâte.
Mais pas de poisson pour ce midi, celui qui avait mordu à l'appât s'est carapaté à 2 mètres du bateau.
Enfin, nous approchons du Geyser, ce récif coralien aux eaux claires, dont la superficie est de 175 kms2, 8 kms de long sur 5 de large. Il affleure jusqu'à 8 mètres à certains endroits, à marée basse; et les fonds abyssaux atteignent 3 500 mètres. Nous ne descendrons pas si profond.
On se jette littéralement à l'eau,
et là encore, nous ne sommes pas déçus. Nous croisons, entre autre, des bancs de daurades, de barracudas,
des thons dents de chien, immenses et impressionnants (largement plus flippants que les requins),
photo: Willy
et de beaux requins nourrices.
Mais le poisson que nous avons le plus croisé, celui que nous avons eu le temps d'admirer et d'étudier à loisir, c'est Bubule.
Saoûlés par tant de beauté, nous remontons à bord. On voudrait que des moments comme ceux-là durent une éternité,
une éternité dans l'immensité de l'océan Indien...
... Un samedi soir sur la Terre, en pleine mer, le bonheur !
à suivre...
... et merveilles.
Encore une, et on ne se lasse pas de faire des bulles, Juju.
Au hasard de l'exploration, on rencontre une murène perlée,
une raie torpille avec laquelle le courant passe plutôt bien,
et une belle grosse rascasse, improvisée gardienne de l'Arche.
Quant aux sirènes, ça, c'est une autre histoire...
... comme sous un iceberg !
En cette période, l'eau est froide. Bon ok, elle est à 25°C, certains la trouveront chaude voir très chaude, mais voilà nous nous sommes tropicalisés et du coup, la 5 mm se supporte très bien.
On est quand-même en hiver, et la preuve la voici.
Sev, qui a oublié sa cagoule, évolue les bras croisés,
les platax ont la chair de poule et semblent endormis,
le baliste titan se réchauffe comme il peut en se défoulant sur les coraux, même si le froid lui fait mal aux
dents,
et le poisson-clown frisonne dans son anémone glacée.
Non franchement, plonger à Mayotte au mois de juillet relève de l'exploit. La prochaine fois, on n'oubliera ni la cagoule, ni les gants, ni la 7 mm.
Quant à plonger en métropole avec Juju et Sophie, on en reparlera...
C'est vous qui le dites !