En théorie, la mangrove bénéficie d'une forte protection réglementaire :
- située sur le Domaine public maritime, elle est imprescriptible et inaliénable,
- soumise au régime forestier, le défrichement et la coupe d'arbres sont interdits,
- au sens de la loi du littoral, la mangrove constitue un espace remarquable (depuis le 1er janvier
2006)
- les projets qui ont un impact ou une influence sur la mangrove sont soumis à la loi de l'eau,
- la protection de la mangrove a été réaffirmée dans le PADD (Plan d'Aménégement et du Développement Durable). Malgré cette réglementation,la mangrove est un
écosystème qui souffre beaucoup de la présence de humaine à Mayotte (construction d'infrastructures, aménagement de routes, expansion de l'île comme la ZI de
Kawéni ou le port de Longoni, poubellisation, ...)
Bien entendu, la mangrove disparaît aussi de manière naturelle (érosion, dégradation,...). Cette évolution cyclique est appelée "la respiration des
mangrove". Comme tout milieu naturel, la mangrove connaît des phases de croissance et de décroissance, selon le climat, la qualité des eaux,... Elle meurt, puis renaît...
Mais voilà, Mayotte est une île dont la démographie ne cesse d'augmenter. Il faut construire, s'agrandir, se développer. Difficile de concilier Nature et Modernité.
L'état de certaines mangroves est donc plus qu'alarmant.
Les mangroves de bord de routes ou à proximité des villages, sont de véritables poubelles. On y trouve des tonnes de canettes, des frigos, des machines à laver, des carcasses de scooters ou
de voitures, des sacs plastiques, des couches, des batteries usagées, des bouteilles en verre, des pneus, ...
Tout cela empoisonne petit à petit la mangrove, et à long terme le lagon, qui ne supportera pas longtemps un tel déversement de pollution. Heureusement des actions sont mises en place (comme l'Atlas des Mangroves, les campagnes de nettoyage et de sensibilisation, ...) pour préserver au mieux ce milieu unique et remarquable,
mais la route est longue et semée d'embûches. L'impact des différents rôles de la mangrove sur la vie économique et
sociale de l'île n'est plus à démontré.
Comme le dit un proverbe amazonien : "C'est quand l'Homme aura détruit toutes les ressources naturelles, qu'il s'apercevra que l'argent ne se mange pas."
C'est vous qui le dites !