On vous emmène dans une promenade sonore très rapide ( 4 minutes ) de Mayotte, avec des sons que vous
avez déjà entendus ici et là aux détours de ce blog. Pour ceux qui ne connaissent pas Maore, pour les nostalgiques qui en sont partis, pour ceux qui vivent ici, ou pour ceux qui aiment les voyages,
suivez le guide !
La visite de Mayotte commence par un chant de femmes, assises sous un faré,
à l'abri du soleil, et qui s'accompagnent en tapant sur des bambous : le M'Biwi. C'est ce chant-là qui vous accueille quand vous arrivez à l'aéroport de Pamandzi sur Petite-Terre.
Ensuite, pour rejoindre Grande-Terre, vous prenez la barge. Il y en a deux, la barge piétonne et la barge voiture ou amphidrome. Après les trois
coups, la barge s'en va, chargée de bananes, de sac de riz, de scooter, et de racontars.
Arrivé sur Grande-Terre, c'est Mayotte la musulmane, avec le chant du muezzin, l'appel à la prière. Chant qui rythme la vie mahoraise 5 fois par
jour.
Puis passe dans le village le vendeur de poisson, avec sa brouette. Il crie « Filao, filao, filao »
(poisson pêché), et annonce son prix : 4 euros, sûrement des vivaneaux.
En vous promenant dans le malavoune (la campagne), vous allez entendre lebeuglement des zébus, les
cigales, les roussettes (grosses chauve-souris frugivores). Sur le bord de la route, des hommes enchaînent des parties de dominos endiablées. Ils claquent leurs
jetons sur une table un peu bancale, comme pour chasser le mauvais sort. La bonne humeur est là.
Au loin, vous percevez le ressac du magnifique lagon de Mayotte, et de ses eaux parfois bleues turquoises, parfois rouges sombres de la terre des
montagnes, la latérite.
De retour au village, des enfants récitent des chansons apprises à l'école, dans une langue qui n'est pas la leur. Les paroles et le rythme de cette « souris
verte » n'ont rien à envier à la version originale. Les makis, lémuriens endémiques de Mayotte, semblent apprécier. Ils grognent de satisfaction, ou peut-être sentent-ils la pluie.
D'ailleurs le ciel menace. Le tonnerre gronde, une grosse averse s'abat sur les tôles et les feuilles de bananiers. Le bruit est assourdissant. Quand ça
se calme un peu, le pilon écrase le riz méthodiquement, et des enfants jouent sous la pluie, nus. L'un d'entre-eux arrive en criant « police, police,
police » et en tapant sur une casserole, histoire de prévenir les clandestins, les sans papiers, ceux qui fuient les autres îles de l'archipel des Comores, pour tenter leur chance dans
l'Eldorado que représente Mayotte à leurs yeux...
Enfin, comme dans toutes les histoires, celle-ci se termine aussi par un mariage. Un long cortège nuptial, défile dans les rues. Les hommes en tête frappent sur des tambours, en suivant les directives du maître de cérémonie. Le marié beau, comme un prince, est
encadré par ses cousins. Ils coincent une cigarette éteinte entre les lèvres, et ne doivent pas sourire ou rire : gare si la cigarette tombe ! Des jeunes filles agitent de grands éventails devant
eux pour ne pas qu'ils souffrent de la chaleur.
En queue du cortège, les femmes des deux familles, belles et parées de leurs plus beaux bijoux en or, donnent de la voix.
Votre visite éclair de Mayotte s'achève comme elle a commencé, sur un chant de femmes.
Ce n'est pas pour rien que Mayotte s'appelle aussi « l'île aux femmes ».
Joyeux noël encore à tous, où que vous soyez !
On n'oublie pas Séverine et son CD de la version longue de cette promenade sonore dans Mayotte. Il nous manque encore quelques sons, mais ça ne saurait
tarder.
C'est vous qui le dites !