En ce samedi 4 octobre, nous sommes partis tout heureux, à la recherche des baleines à bosse, ou mégaptères.
Il a plu la veille, le temps est nuageux, mais le lagon, lui, se repose. On glisse sur un lac.
On rencontre d'abord des dauphins "long-bec" (stenelles), qui nous ont gratifiés de quelques acrobaties (pirouettes, sauts périlleux) impossibles à photographier,
puis, après quelques lieues de navigation, on aperçoit au loin, un petit point sombre (près des côtes, au milieu de la photo. Non, ce n'est pas une pirogue, ni une bouée.).
On se rapproche, l'eau ondule,
un aileron bossu émerge (c'est à cause de cette bosse à la base de l'aileron dorsal qu'on les appelle les baleines à bosse),
un jet, c'est une mère avec son baleineau
! On va les suivre tranquillement, à
distance, pendant une petite heure. La mère est sensible, elle ne semble pas vouloir nous présenter son fiston.
Ils se déplacent très vite, plongent, restent un long moment sous l'eau,
avant de refaire surface.
Finalement, la mère se rapproche, et s'immobilise. Elle nous attend ? Ou alors c'est le baleineau curieux qui veut absolument voir à quoi ressemblent les Hommes ?
Quoiqu'il en soit, on se met à l'eau tout doucement, et on nage vers elle.
La masse est impressionnante,
très impressionnante !
Et sous l'eau, c'est féerique, on aperçoit d'abord la caudale dans le bleu,
puis la mère et son baleineau, d'à peine 1 mois.
Allez, on se rapproche de ce mastodonte de 12 mètres et de 30 tonnes, histoire de mieux les observer. Le baleineau se situe au niveau du "museau" de sa mère.
Après, c'est que du bonheur !
Ce baleineau consomme 200 litres de
lait quotidiennement, et prend 70 Kg par jour. La mère quant à elle, jeûne pendant ces longs mois de pouponnage. Elle peut perdre jusqu'à 30 % de sa masse corporelle.
C'est la fin de la saison. Les mégaptères quittent le lagon de Mayotte, et partent vers l'océan antarctique où elles vont passer quelques mois à manger (et à ne faire que ça) tout le krill
qu'elles pourront afin de reconstituer leur réserve de graisse. Et se préparer ainsi aux prochaines "parades amoureuses" (dans un an ) dans l'océan indien, période à laquelle le baleineau
devra quitter sa mère.
Nous avons eu une chance extraordinaire d'avoir pu "nager" avec eux. La baleine à bosse dégage une telle grâce, une telle majesté, qu'elle impose le respect. Nos yeux en sont encore tout imprégnés,
et pour longtemps.
On a vécu un moment rare et magique.
Merci à Cédric de Sea Blue pour son professionnalisme et ses précieuses informations.
C'est vous qui le dites !