... sus aux ananas !
Chaque village de Mayotte a son marché. C'est une tradition.
Ce sont des étals quotidiens, le plus souvent en bord de route et de préférence dans un grand virage,tenus principalement par des femmes (à Dembéni, il y a un
homme qui fait exception).
Elles achètent la production à un cultivateur, fixent les prix (les prix sont les mêmes sur chaque marché, ils sont fixés en fonction de la production. Par exemple, pendant la saison des pluies, il
y a peu de tomates, et le prix peut monter jusqu'à 8 euros le kilo voire plus ! ), et
passent la journée à vendre les différents produits: soit au kilo,
soit au sachet (oignon), soit au tas ( on ne prend pas qu'une coco ou qu'un ananas, on va prendre un tas de 5 cocos
ou un tas de 3 ananas).
Ces marchés sont pleins de couleurs et de parfums (cannelle,
vanille, gingembre, ananas,...) et aussi très animés. Le plus grand, le plus parfumé, le plus animé, étant celui de Mamoudzou (pour un peu on se
croirait dans le souk de la médina de Fès), voué à disparaître au profit d'une "structure en dur".
On est littéralement pris d'assaut quand on veut acheter quelque chose. Toutes les femmes vous appellent et vous ne savez plus où donner de la tête. Alors soit on a une vendeuse attitrée, soit on
achète un peu chez tout le monde.
Et tout cela se fait sous le contrôle intraitable et parfois corruptible de la balance à aiguille !
En ce moment, il n'y a pas grand chose sur les marchés. Le manque en fruits et légumes se fait sentir, et on attend
patiemment le retour de la saison sèche pour déguster de bons gros ananas. On en trouve actuellement, mais ils sont rares, petits et plutôt chers.
Séverine a trouvé des bananes rouges, assez rares aussi, mais surtout délicieuses.
Alors va pour la banane !
.... la musulmane.
Il y a beaucoup de mosquées à Mayotte, plus ou moins belles, plus ou moins finies, et plus ou moins
anciennes (la plus anciennce, celle de Polé, sur Petite-Terre, a été construite en 1538 par le sultan Issa, pas de photo ici).
98 % de la population, aujourd'hui, est de confession musulmane.
Ce seraient des sultans Chiraziens au début du 12ième siècle qui, de
part le commerce, auraient apporté l'Islam aux Comores. (Il y a d'ailleurs des tombes chiraziennes dans le village de Tsingoni.)
L'islamisation de la population est assez récente puisqu'elle date de la fin du 19ième siècle (elle a commencé au 16ième siècle).
Avant, les habitants des Comores pratiquaient des rites païens, qui durent encore. Les croyances en des esprits maléfiques, les Djinn's, sont tenaces. Certains personnes peuvent
faire des "crises de Djinn", persuadées d'être possédées. Elles sont alors amenées devant le mwalimu (le fundi diable détenteur de divers
pouvoirs) pour être désenvoûtées, lors d'une cérémonie à moitié religieuse.
Il n'est pas rare que certains collèges ou lycées de Mayotte aient été aussi désenvoûtés, ou protégés du mauvais oeil, dans le seul but d'éviter aux élèves très superstitieux de faire des crises
de Djinn, très contagieuses.
Au moins peuvent-ils travailler en toute quiétude !
Les enfants mahorais vont à l'école coranique gratuite (il existe des écoles coraniques payantes où l'on apprend à lire, écrire, et parler
arabe) en plus de l'école publique, et suivent l'enseignement du Fundi. Voir à ce sujet le très bel article de Chris sur le Madjliss à cette adresse:
blog-trotters.over-blog.com/article-18005371.html
La religion, à Mayotte, règle principalement la vie des hommes avec les 5 prières quotidiennes et les diverses fêtes religieuses.
Ils espèrent tous faire le pélerinage à la Mecque, et revenir en portant le nom de Hadj (musulman accompli et respecté).
Je ne suis pas un grand amoureux des religions, bien au contraire, mais c'est un autre aspect de Mayotte à découvrir, très intéressant du point de vue historique, et architectural
aussi.
... entre jeu et tradition.
Dans les villages, on voit souvent des enfants s'entraîner à la course de pneus, c'est une de leurs activités favorites avec la chasse au hérisson,
la bagarre, et le chant. Ici pas de jeu vidéo ou autres, les enfants jouent dehors à longueur de journée, entre rires, cris, et pleurs !
La course de pneus reste un jeu d'adresse, et il y a toute une technique à posséder. Les deux bâtons qui servent à pousser et à faire rouler le pneu sont "plantés"
dans une boîte de conserve graissée, histoire de faire rouler le tout sans accro.
La grande course de pneu, la plus importante et la plus attendue des manifestations sportives de l'île, a lieu au début du mois de juillet. Petits et grands
s'affrontent sur un parcours d'un peu plus de 2 kms.
Certains hommes courent même avec des pneus de tracteurs qui les dépassent.
Les jeux simples sont toujours les meilleurs, même si en essayant, je fais bien rire les gamins !
C'est vous qui le dites !