... Fianarantsoa Côte Est.
Construite au début du 20ième siècle, la ligne de chemin de fer FCE relie Manakara (la côte Est donc) à Fianarantsoa sur 170 km de voies ferrées. C'est le seul train de marchandises et de passagers qui fonctionne sur Madagascar.
Rendez-vous devant la jolie gare de Manakara, inaugurée en 1936. Ne vous fiez pas à l'horloge, il
n'est pas 2H50 ou 14H50, mais 6H30 du matin, pour un départ annoncé à 7 heures.
Ce train étant avant tout un train de marchandises, le hall de gare est jonché de paniers et de sacs de tout sorte.
Les passagers se faufilent tant bien que mal au milieu de toute cette agitation, ça sent le grand départ, comme un arrière goût d'aventure. On ne sait pas ce qui nous attend, mais on y va, et en première classe s'il-vous-plaît !
Première classe, première classe, façon de parler, sinon ça ne serait pas l'Aventure, la vraie, celle avec un grand A comme dans "Ah ouais d'accord..."
Il est 7 heures, c'est parti pour 10 heures de voyage si tout va bien, avec 42 ponts à traverser, et 17 arrêts aux 17 gares que comportent la ligne !
Pour bien vous mettre dans l'ambiance, on vous propose d'écouter le son suivant en boucle, pendant que vous lisez la suite de l'article. Jouez le jeu, vous comprendrez mieux la fin de l'histoire.
Ça y est ? Vous avez le son ?... Bien, on continue.
Cette voie de chemin de fer traverse des paysages de tout beauté, que l'on a largement le temps d'admirer : la brousse,
des rizières et des rizières, et bien d'autres encore, comme la forêt d'émeraude (voir photo en fin d'article).
A chaque arrêt du train,
on en profite pour s'alléger un peu,
ou s'alourdir, tout dépend de l'envie pressante.
Mais le choix de nourriture (surtout des fritures) est large : beignets de crevettes, de bananes, écrevisses, catless, brioches, fruits, sambos, ...
D'un côté on vend à manger, de l'autre, on charge encore et encore des marchandises. Et en ce moment, les bananes ont le vent
en poupe.
Puis le train repart une énième fois. On a encore le sourire même si le bruit (celui que vous écoutez toujours n'est-ce pas ?) nous martèle le crâne.
Mais face à ces somptueux paysages que nous traversons, nous ne pouvons que rêver.
Certains y arrivent mieux que d'autres d'ailleurs, même si le rêve qu'est en train de faire Gégé et Flo (si elle est sur la photo, on voit ses cheveux qui dépassent !) n'a aucun rapport avec la forêt d'émeraude.
Ils rêvent, Gégé et Flo, aux belles et confortables nattes qu'ils vont acheter au prochain arrêt, et surtout, à la belle
sieste qu'ils feront dessus.
Enfin, au bout de 10 heures, timing respecté, et de 21 tunnels, on arrive, flappi et crevé, à Fianarantsoa. Nous n'avons envie que de deux choses : prendre une douche et dormir dans un bon lit.
Le voyage fut long et relativement éprouvant, mais nous le conseillons fortement, de part son authenticité. C'est une aventure dans tous les sens du terme.
Vous pouvez arrêter le son.
... presque 115 ans d'histoire.
Construit de 1896 à 1904, sous les ordres du général Galiéni, ce canal, long de 653 kilomètres, relie Tamatave au nord à Farafongana au sud, sur la côte orientale de Madagascar.
A l'origine, c'était une suite de marais et de lagunes peu profonds, sur lesquels il était difficile de naviguer. La
construction du canal a permis de relier ses étendues d'eau entre elles, offrant une véritable voie navigable à la France, ainsi qu'un contrôle économique, administratif, et militaire.
Protégé et séparé de l'océan Indien, par des dunes côtières où se situent les villages, ce canal de toute beauté n'a pas toujours été si féerique.
Il existe beaucoup d'interprétations du mot "Ampagalanes " qui signifie "que l'on prend en charge ". On a opté pour celle donnée par notre guide : les Ampagalanes étaient une sorte de règlement d'impôt.
Pour enrayer le problème administratif des taxes et des redevances dues, ceux qui ne pouvaient pas payer s'acquittaient de leur "dettes " en partant travailler sur le chantier du canal. En gros ils n'avaient pas le choix, et cette ultime solution s'est vite transformée en travaux forcés.
Pour faire face à une forte mortalité, due à des conditions de vie très dures (les travailleurs, déjà pauvres, n'étaient pas nourris car ils remboursaient déjà une dette. Ce sont les familles qui leurs apportaient à manger ce qu'elles trouvaient. Ils devaient aussi faire f ace au manque de soin,aux crocodiles, aux épidémies,...), et à des travaux très pénibles, Galiéni dut faire appel à des coolies (travailleurs chinois réputés pour leur résistance).
Aujourd'hui, comme le canal n'est pas entretenu, certaines portions envahies par les jacinthes d'eau, ne sont plus
praticables, mais le site reste de tout beauté et sert de refuge écologique.
On y trouve de nombreuses espèces d'oiseaux et de plantes, dont la célèbre fleur madagascar.
La visite de ce canal s'effectue à bord de belles pirogues avec cuisine intégrée à l'arrière.
On termine avec un chant de piroguiers, histoire de se replonger dans l'ambiance de ce site exceptionnel.
... étonnants, attachants, rares.
Il y a bien-sûr les lémuriens (12 espèces), qu'ils soient Catta,
avec la queue annelée,
propithèques (Blancs),
ou verrons ;
les caméléons
et les moustiques.
Des boas,
des iguanes,
des lézards, ou le contraire,
et des grenouilles
plus ou moins gonflées.
Il y a ensuite des insectes incroyables comme les insectes fleurs (ou Fromlia
rosea), sorte de chenilles filandreuses
qui se transforment peu à peu en papillon rose-rouge. Sur la photo ci-dessus on a les étapes 1-chenille et 3-papillon
rose/rouge. Sur la photo ci-dessous, on a l'étape 2.
A côté de ces insectes-fleurs, on trouve des insectes-branches : des phasmes énormes, difficiles à dénicher. Seule leur
gourmandise, sous la forme de feuilles dévorées, trahit leur présence.
Autres insectes dont on ne voit que l'habitat, les termites. Vers le sud de Madagascar, les terres sont parsemées de ces monticules immenses.
On garde le meilleurs pour la fin, deux insectes tout simplement magnifiques, le hanneton girafe,
et la Comète, un superbe papillon qui peut mesurer jusqu'à 30 cm, observé par hasard et une seule fois dans la cuisine
extérieure d'un hôtel.
Celui- ci ne mesure que 20 cm.
Enfin un oiseau rare, flou, le martin-chasseur, rouge et blanc.
Il y aura d'autres images de ces animaux ou insectes dans le l'album photo à venir sur Madagascar 2.
... de Manakara à Tuléar.
On reprend la route,
ou plutôt les rails, pour 10 heures de soubresauts dans le train FCE (aventure extraordinaire qui aura
droit à son article), direction Fianarantsoa.
Arrivés à Fianaranstoa, nous reprenons la route pour Ambalavao,
la ville réputée pour son papier
décoré avec de vrais pétales de fleurs.
De chaque côté de cette route aride à la végétation rase, la chaleur se fait plus présente, et l'on assiste à un véritable
ballet de tornades plus ou moins importantes.
Nous fonçons droit dans un orage et ses éclairs,
qui ne lâchera que quelques gouttes de pluie, ce n'est pas encore la saison. Etrange sensation de croiser des âmes au milieu
de nulle part, à pied
ou à vélo, d'où viennent-ils et où vont-ils ?
Le village de Ranohira nous accueille, point de départ pour visiter le magnifique parc de l'Isalo, et patrie des voleurs de
zébus.
Puis c'est à nouveau le bitume et ses passagers occasionnels,
on va vers le sud, il fait plus chaud, plus sec, les premiers baobabs apparaissent.
On traverse rapidement Ilakaka, le village de saphir, qui ressemble à une ville de far-west comme dans les mauvais films,
avec ses règlements de comptes et ses visages lugubres. L'atmosphère y est tendue.
Enfin nous arrivons à Manguily, petite station balnéaire et très touristique, perdue dans un désert de sable et de baobabs
millénaires.
Fin du voyage, Tuléar, son zaza club, ses femmes, ses pousse-pousses, sa chaleur et sa poussière.
C'est vous qui le dites !