... et le concours de la commune la plus propre ? Pour la deuxième fois, le conseil général de Mayotte organise le concours de la commune la plus accueillante, la plus sympa, la plus souriante... Bref, le
concours de la commune où tout le monde dit bonjour à tout le monde avec un grand sourire. C'est bien, mais les Mahorais sont dans l'ensemble des personnes accueillantes. Il suffit de vivre dans un
village pour s'en rendre très vite compte. D'accord, ils ne sont pas très démonstratifs, ni exubérants, il n'y a pas d'effusion de joie et d'allégresse quand ils vous rencontrent dans la rue, mais
les contacts humains sont là, simples et francs. Pas de fioriture, un sourire discret, un signe de la main ou de la tête, un " jéjé "par ci, un "djema " par là, "ça va ? Ça
va. Karibou !", on fait partie du village et de sa vie, rien de plus. Pas de rejet, pas d'excès, pas de souci. C'est comme ça !
L'intelligence est là, accompagnée des vraies valeurs humaines, et du meilleur accueil que l'on puisse faire à une personne qui s'installe : accepter et reconnaître les différences.
Accueillant n'est pas forcément synonyme d'envahissant, ou d'hypocrite. Après, les imbéciles sont légion.
C'est pour cela que ce concours ne demandera pas beaucoup d'efforts aux différentes participantes. Il n'y a pas vraiment de défi à relever (mais bon, j'aimerais
bien savoir qui vote quand-même, et quels sont les critères de sélection ?).
Non, le véritable défi serait de gagner le concours de la commune la plus propre ! Là, il faudrait se relever les manches, car on est très loin du compte. Combien y a t-il de décharges
sauvages, de fossés remplis de déchets, de sacs poubelles éclatés sur la route,
de carcasses de voitures en train de rouiller tranquillement mais sûrement ?
De temps en temps des actions louables sont menées, pour un temps, comme les journées "Grand Nettoyage de la ville de... ou du village de ...", annoncées fiérement à la radio. Mais les mentalités évoluent péniblement, et
les habitudes persistent.
Le premier défi serait de lancer ce concours, déjà. Ensuite, pour notre commune, Dembéni, qui est certes très accueillante, le plus grand défi serait de le remporter. Et quelle fierté, après ! Elle
en serait d'autant plus sympathique.
Et puis si vous voulez voter sur ce blog, pour une commune que vous trouvez très propre et très accueillante libre à vous ! On écrira un article dessus, avec preuves à l'appui.
Comme dans de nombreux pays, le foot est le sport roi à Mayotte.
Que l'on soit équipé des derniers crampons à la mode, ou de pieds ultra-résistants, que l'on joue sur un terrain avec une "belle pelouse " comme à Cavani, ou au rond-point du Baobab (la pelouse attend aussi la pluie)
; sur un terrain de bonne vieille terre rouge comme à Tzoundzou,
ou encore sur un terrain d'arrière mangrove comme à Passamainty, avec des poteaux made in maison en bambous, tout le monde tape dans un ballon. C'est simple, pratiquement chaque village a son terrain de foot, et ça part
dans tous les sens. Mayotte, c'est 9 230 licenciés, dont 8 206 pratiquants, et 229 clubs de foot dont certains noms font
rêver : L'ouragan club de Labattoir,Foudre 2000 de Dzoumogné, L'étincelle d'Hamjago, Missile Rouge d'Acoua, Miracle du Sud de
Bouéni, Tonnerre du Nord de Bouyouni, Les Diables Noirs de Combani,Lance Missile de Dapani, Espérance d'Iloni, Les
Tigres de Kawéni,Rapide Eclair de Pamandzi, Eclair du Sud de Passy Kéli, ou encore Flamme d'Hanjangoua, Chouette de
M'Tsangamouji, ...
De nombreux footballeurs issus de ces clubs jouent maintenant en métropole, et Mayotte a obtenu la médaille de bronze aux derniers jeux de l'océan indien en 2007 (tournoi remporté par la grande équipe de la Réunion).
Mais bon, pour ceux qui ne sont pas fans de foot (cet article a été commandé voire imposé par un supporter inconditionnel du ballon rond de la Réunion qui trouve
ce blog trop intellectuel, trop social, trop cliché. Nous l'appellerons Monsieur Bobs, histoire de préserver son intimité, et ainsi ne pas nuire à sa réputation ni à celle de sa belle-famille pour laquelle nous avons beaucoup d'estime) on peut pratiquer beaucoup d'autres sports ici,
comme : le judo, le ping-pong (là aussi, Monsieur Bobs pratique assidûment cette activité, on doit donc la citer), l'athlétisme, le rugby,
le hand, le volley, le basket (là c'est plutôt Ln qui insiste), la danse, le cyclisme, la pétanque, le kayak, la course de pneus,... Bref, on a le
choix !
Et comme la dit la pub, pour être en bonne santé, il faut bouger.
Il serait dommage que certaines de ses activités disparaissent par manque de moyen.
Ca y est, la lune est là !
On aperçoit un fin croissant au sommet de la montagne. C'est la fin du ramadan, la Ide.
Tout à droite, ce sont les lumières de Dembéni. Un peu plus haut, tout au fond, c'est Ongoujou. Et juste devant,
éclairé comme le château de Versailles, l'IFM de Mayotte.
...sur la plage.
C'est dimanche.
Sur la plage d'Iloni, de retour du lavoir, des jeunes filles marchent sur le sable, au rythme de leur charge. On dirait qu'elles dansent à marée basse. Elles sont presque arrivées au village, et
ont parcouru déjà un long chemin depuis la source. Elles avancent lentement en s'interpellant, nous dépassent. Leurs voix se font plus discrètes, c'est le silence.
Quelques rires, quelques regards, et les discussions reprennent. La lumière est belle, l'image est belle, Sev prend la photo. Une fille s'est retournée, a souri sur le déclic en
posant sa main sur sa hanche. Encore des rires, et chacun reprend sa route.
Il y a quand-même deux détails qui changent toute la photo. Et je ne sais pas ce que cela m'inspire. J'ai l'impression de ne remarquer que ça : la jeune fille qui sourit et les 5 lettres rouges sur
fond bleu.
Ici, les femmes qui vont laver leur linge à la rivière utilisent surtout la lessive
"Klin ", qui décape tout. On retrouve souvent des petits sachets de cette marque éventrés, çà et là.
C'est vous qui le dites !