L'heure et l'appel de Mayotte

à Mayotte, il est l'heure d'écouter le muezzin...  

Vie au quotidien


Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 05:28

... Chez Anna.

 

Au rond point du Cap'tain Allandor el pescador, si vous prenez la dernière sortie (en venant de Passamainty et en allant sur Mamoudzou), vous allez emprunter une route défoncée et finir par tomber un jour ou l'autre sur une impasse, bordée de bangas.

Mais dans cette impasse, se trouve, enfoui sous la végétation et les bidons-ville, le coll!ège de Doujani.

collège de Doujani

 

En face de ce collège, un restaurant-brochetti vous ouvre ses portes : celui d'Antoine et Salima, le "Doujani Brochettes ". Là, Antoine et toute sa famille vous accueillent

Antoine's family 2

 

pour déguster de bons plats traditionnels: brochettes de poissons, de viandes, mataba, pilao, poulet coco, ... Le tout dans une ambiance très "comme à la maison ".

repas chez antoine

 

   Alors si vous ne savez pas quoi cuisiner à midi, si vous voulez passer un agréable moment en bonne compagnie, si vous êtes curieux, ou tout simplement si vous voulez vous aérer l'esprit, venez faire un tour du côté de chez soi de chez Anna. Il y a toujours une discussion en cours de route, et des palabres prêtent à s'envoler.

Que diriez-vous de vendredi midi ?

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Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 05:00

... a mi papa !

 

 

Oui je sais, je n'ai pas la mémoire des prénoms, ni des dates, et j'oublie la plupart des anniversaires, sans parler des visages; une vraie calamité de l'amitié, mais mes amis ne m'en tiennent pas ombrage, du moins je crois.

Mais là, voilà,  aujourd'hui est le jour à ne pas rater, alors je prends le zébu par les cornes, personne ne me préviendra deux heures à l'avance, pour souhaiter un joyeux anniversaire à l'homme qui compte le plus pour moi, le plus important, le plus indispensable: mon papa ! Il y a des trucs, quand-même qui ne se font pas, et que l'on ne doit pas oublier. 

Alors en shimaoré : Mwaha mwena papa !

cap of good hope 

 

Lui qui a supporté la chaleur accablante de Mayotte sans se plaindre une seule fois de la chambre climatisée, qui me protège toujours et encore du soleil, n'hésitant pas à s'exposer aux coups de soleil crâniens,

soleil

 

qui a eu le courage de monter sur mon fidèle destrier à la conquête des routes sinueuses de "l'île aux trous ",

scoot

 

qui a dormi dans l'aéroport de Nairobi, à même le sol, avec des inconnus ; dans des dortoirs au Drakkensberg ; qui a sillonné le lagon en large et en travers... accroché à mon kayak ; qui a gravi le Choungi, et bien d'autres encore ...

sur la pierre plate

 

A mi papa, qui m'a appris la patience, la simplicité, la contemplation, la liberté, et surtout l'entêtement. Faut rien lâcher ! Allez jusqu'au bout !

A toi, papa, avec qui je passe de longues heures au téléphone pour parler de la vie, à toi qui me fais découvrir des livres philosophiques, comme le dernier en date que j'ai reçu mercredi : "Traité d'athéologie" de Michel Onfray.

Quelle éducation j'ai eue ! Quelle chance ! Alors pourquoi attendre pour le dire ? Merci pour tout ce que tu m'as appris et pour tout ce que tu as encore à m'apprendre, je suis fier que tu sois mon père, et encore plus fier que tu sois fier de moi.

Encore bon anniversaire et bonne contemplation dans un esprit LIBRE pour une vie LIBRE et CHOISIE, loin de la culpabilisation, de la soumission, et de la pénitence.

sur la plage

 

Et je t'attends de pieds fermes pour de nouveaux voyages et de nouvelles aventures, mais peut-être dans des pays moins chauds, et avec maman bien évidemment !


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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /Fév /2010 13:58
... on ne sait jamais !

Si vous avez lu l'article "La Rivière des Graviers ", vous n'êtes pas sans savoir que la cohabitation avec mon scooter, en ce moment, est des plus tendues ! D'accord, je lui rends hommage car il a bien tenu le choc sur les routes accidentées de Mayotte, il a bien supporté la chaleur et les inondations, mais il est temps maintenant qu'il prenne sa retraite. Il ne voit plus très clair, sa réactivité n'est plus ce qu'elle était, et sa carcasse, rafistolée aux colliers en plastique, menace à chaque instant de le laisser dans son plus simple appareil, ce qui, soit dit en passant, n'est vraiment pas joli à voir.
Combien de fois cette semaine, me suis-je vu dans le fossé sur cette maudite route à cause, ok du gravier, mais aussi des trépidations intempestives de mon pas trop fidèle deux roues, signe annonciateur d'un Alzheimer proche ?
C'est pourquoi, je me suis lancé dans la recherche, depuis quelques mois déjà, d'une moto 125 cm3. Mais pas n'importe laquelle, une Yamaha 125 WT modèle 2002 je crois  (avec le phare rond et les pneus moins large que son aînée). Je sais que cette moto est un peu pépère, voire poussive, mais pour ici c'est l'idéal, surtout si l'on veut explorer les milliers de pistes perdues dans la brousse.
Mais après avoir épluché consciencieusement le 97-6, après avoir sondé lourdement l'ensemble de mes relations, ma recherche reste vaine. Il n'y en a pas à vendre d'occasion sur Mayotte, et les rares chanceux possesseurs de la bestiole ne souhaitent pas s'en séparer.
Donc si jamais vous entendez parler d'une Yamaha 125 WT à vendre, si vous habitez à Mayotte, si vous décidez de venir vous installer ici en mettant toute votre vie dans un container, ou si vous avez des tuyaux pour en acquérir une, contactez-moi par le formulaire du blog, j'étudierai toute proposition.
Le plus délicat, bien-sûr, reste le transport et le dédouanement. Mais bon, qui ne tente rien...


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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 12:00
... plaisir du deux-roues !

En ce moment, à Mayotte, on alterne grosse chaleur et fort taux d'humidité avec violents orages et encore plus fort taux d'humidité. Bref, il est très difficile de se tenir au sec.
Le top du  top, c'est de se retrouver en deux roues (d'ailleurs je rends hommage à ce vaillant et fidèle destrier qui ne tient pas la route mais qui pourrait gravir le Choungi avec son moteur 2 temps) sous un de ces orages. Là, c'est du sport extrême.
Outre le fait que l'on soit trempé en 2 secondes, ça c'est presque une broutille inévitable; que l'on soit mitraillé par des milliers de gouttes qui, je ne sais par quel phénomène physique, se transforment en petites aiguilles d'acupuncteur; que l'on risque la glissade sur du bitume rendu aussi glissant par les coulées de boue qu'une piste de bobsleigh; outre le fait que la visière du casque se remplit de buée, réduisant de 3/4 la vision; que les bambous se penchent irrémédiablement sur la route; que le froid (oui le froid ! Quand il pleut comme ça, les températures baissent en moyenne de 10 °, on passe alors de 33 à 23°C ! Et il fait froid !) commence à vous engourdir les membres et que vous savez que vous ne pourrez pas vous réchauffer devant un bon feu de cheminée et un bol de chocolat aux mashmallows ; et enfin outre le fait que la panne d'essence guette à chaque virage et que la nuit n'est pas loin de tomber ; circuler en deux roues à Mayotte sous une forte averse reste un réel plaisir.
Il y a cependant un léger bémol à apporter. A La Réunion, ils ont une rivière qui s'appelle "la Rivière des Galets". Nous, on a presque la même chose avec la désormais célèbre "Rivière des Graviers", à part que ce n'est pas une rivière, mais une ... route ! Une route en travaux certes, mais une route quand-même, entre Tsoundzou II et Tsararano.
Une route sur laquelle le gravier est roi et se déplace tranquillement au gré des courants. Une route où l'on progresse par bonds, de tas de graviers en tas de graviers, comme une descente de ski dans la poudreuse.
Une route où l'on espère que le nième trou que l'on n'a pas pu éviter, parce qu'on en a déjà snobés une bonne trentaine 3 secondes plus tôt, ne fait pas deux mètres de profondeur, et où les divers petits cours d'eau qui la traversent ont pour seule motivation de vous faire dévier du droit chemin.
Une route qui vous avertit par les voitures échouées dans les fossés, que le prochain qu'elle engloutira, ce sera peut-être vous.
Une route qui change à chaque fois de virage, de rivage, et de visage, et qui renouvelle sans cesse ses pièges.
La Rivière des Graviers à Mayotte, c'est le cauchemar du deux-roues, mais on ne peut décemment pas la qualifier de route. Non ! C'est plutôt une piste, une piste aux étoiles. Et des étoiles on en voit un sacré paquet quand le freinage arrive trop tardivement, ou quand la direction vous échappe sous prétexte que votre roue s'est subitement enfoncée dans 20 cm de bons gros graviers pointus !
Heureusement que son temps est compté, et qu'elle  va être d'ici peu remplacée par une belle et large vraie route bitumée. La Rivière des Graviers, c'est un long serpent qui mue.

Sinon, si ça intéresse quelqu'un, je vends mon fidèle et génial-destrier-dépourvu-d'amortisseur-qui-tient-super-bien-la-route-qui-évite-les-trous-et-qui-est-toujours-à-l'heure !
Je vais investir dans un aéroglisseur, moyen de locomotion plus adapté à la situation, vu que je n'ai pas réussi à équiper mon scooter de flotteurs et de gilet de sauvetage. Et puis pour la glisse, au moins, je serai servi.
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